MÂ Nouvelle Orfèvrerie

Lorsque trois passionnés de métal se retrouvent sous le même toit cela donne forcément des étincelles. Nous avons rencontrés Pierre-Ivan Didry, Camille Royer et Marie Guerrier pour mieux comprendre cette fascination pour la matière. Entre tabliers de cuir et formes géométriques, une poésie se façonne chaque jour dans cette nouvelle orfèvrerie bordelaise.

Deux étages, deux générations d’artistes. En bas Pierre-Ivan est concentré sur l’une de ses dernière création, il fait partie d’une des première volée de l’atelier métal de l’ENSAAMA, diplomé en 1991. En haut Camille et Marie dont le chemin s’est croisé grâce à cette même formation. Elles forment aujourd’hui l’association Mâ Nouvelle Orfèvrerie.

Suite a l’obtention de leur diplôme, elles poursuivent chacune leurs expériences professionnelles et artistiques en France mais aussi à l’étranger. Elles s’installent à Bordeaux trois ans plus tard et développent une vraie complicité.

L’atelier qu’elles occupent devient progressivement trop petit au fil de leur activités. C’est à ce moment qu’elles font la connaissance de Pierre-Ivan Didry, un sculpteur lillois qui occupe un hangar de 200m2 sur la rive droite de Bordeaux.

Histoire de l’atelier

L’atelier 34-2 a servi comme lieu de travail pour Pierre-Ivan depuis plus de 6 ans. Camille et Marie le rejoignent en janvier 2019, tous les trois ont un but commun: rendre le métal chaleureux et poétique.

Aujourd’hui un espace de création, cet hangar faisait auparavant partie d’un immense site industriel. Cette partie était dédiée au travail du métal, de la mécanique, il comportait une forge et une boulonnerie.

Pierre-Ivan Didry

Inspiré par le mouvement aléatoire du vent et le magnétisme, Pierre-Ivan joue avec l’imprévisible dans ses sculptures souvent mobiles. Il crée des pièces inspirées de formes organiques, en suivant la logique du fonctionnement d’un organisme vivant.

D’origine lilloise, il sors lui aussi de l’atelier métal de l’ENSAAMA à Paris. Faisant partie d’une de premières générations de diplômés, il apprend à utiliser le métal dans une optique plus artisanale et artistique. Une approche que s’est perdue de nos jours, remarque-il avec tristesse. Au fil des années il développe également un intérêt pour les objets animistes tribaux.

Ses oeuvres sont découpées, rendues quasiment inexistantes, tels des filaments de fer aux vertus de structures.

Pour lui, le dedans est aussi important que le dehors. Il laisse alors la vie, l’air, la pluie, le soleil sculpter ses oeuvres et leur donner des formes organiques, parfois inattendues mais toujours imaginaires.

 » Le métal peut exprimer parfois tellement de choses. « 

Camille Royer

Elle considère ses sculptures comme des instruments, des outils et dispositifs d’interaction issus de sa sensibilité et de son rapport au réel. Née à Toulouse en 1991 elle est bercée par les voyages en bateau à travers la Méditerranée. Elle obtient son diplôme des Métiers d’Art en 2014 à Olivier de Serres.

Dans son enquête elle questionne la forme et également la représentation du féminin. Entre sculpture, photographie et vidéographie elle porte toujours une importance à la technique.

Dans son travail elle confronte des matières que tout semble opposer, ici par example dans des recherches d’émaillage sur métal.

Elle réussi à produire une sensation de mouvement, de transformation. Le solide semble alors fluide tel des vagues ou les voiles d’un bateau, comme ici dans un bracelet torsadé.

Marie Guerrier

Minéral et géométriques, ses créations sont des sculptures à porter qui viennent prendre le corps comme support d’exposition. Née à Paris en 1992 dans une famille d’artistes depuis quatre générations, elle passe d’abord par l’école Boule puis sors diplômée elle aussi des Métiers d’Art à Olivier de Serres.

Depuis toujours fascinée par l’univers des minéraux, elle axe sa recherche sur la gemmologie et une perfection géométrique. Ses oeuvres ne s’arrêtent pas qu’au métal, elle manufacture aussi le bois, la cire ou encore le béton.

La matière évidée, scindée, dupliquée et agencée révèle des dialogues entre pleins et vides.

Présent dans l’infiniment petit comme dans le cosmos, l’unité géométrique des choses influe ses créations.

Elle aime à dire que le métal est une matière issue de la nature.

Elle réalise, grâce à une ancienne presse ayant appartenue a son grand-père, des tableaux en relief.

Un mélange d’impression et de sculpture, en effet elle façonne les formes métalliques qu’elle va venir apposer sur la toile. Chaque pièce est unique.

La fin des métiers d’art?

En discutant avec Pierre-Ivan, Camille et Marie on s’est rendu compte que toute la branche est en danger. En effet le DMA (Diplôme des Métiers d’Art) est en fin de vie, cette formation de deux ans, comme le BTS permettait une insertion professionnelle dans de nombreux secteurs des métiers d’art. Il va disparaitre en 2020.

Mâ Nouvelle Orfèvrerie
33000 Bordeaux, France
@nouvelleorfevrerie

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